La liberté qu'on croit avoir. L'idée que la non-musulmane choisit librement ce qu'elle porte est vite renversée. Deux heures de maquillage, des talons qui blessent, une industrie de la beauté qui vend successivement un nez refait, des cuisses botoxées, un nouveau mascara. Un livre intitulé Beauty Sick décrit cette condition comme une maladie. Soit on a un maître qui demande une chose constante, soit plusieurs maîtres qui demandent des choses contradictoires et qui finissent par se faire la guerre en toi. Allah dit dans le Coran que s'il y avait plusieurs divinités, elles se combattraient. Le hijab n'est pas une chaîne supplémentaire, c'est la sortie du marché aux maîtres.
Le malentendu sur les hommes. Autre objection : pourquoi restreindre la femme, c'est à l'homme de contrôler son regard. L'homme doit baisser son regard, Allah le lui commande explicitement, et ce commandement ne dépend absolument pas de la tenue d'en face. Niqab, jilbab, casque de moto, dénudement total : la règle pour l'homme reste la même. Le hijab n'est pas là parce que les hommes seraient des animaux. Il est là parce que la charia régule la société comme un tout. Deux responsabilités parallèles, pas une responsabilité rejetée sur la femme seule.
Pourquoi obéir si la raison n'est pas visible ? Si mes cheveux ne provoquent aucune fitna, pourquoi les couvrir ? Le point n'est pas l'effet sur autrui, le point est celui qui commande. Analogie : une mère demande à son fils d'aller acheter du lait à vingt kilomètres alors que la boutique du coin suffirait. La demande peut sembler absurde, il ira quand même, parce qu'il aime sa mère et qu'il sait qui elle est. Avec Allah, a fortiori. Quand on sait qui est Allah et qu'Il est digne d'être adoré, la question cesse d'être est-ce que la raison m'apparaît ?
et devient est-ce qu'Il a commandé ?
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Le paradis n'est pas réservé aux hijabies. Le paradis accueillera des gens qui ont tué, qui ont commis la zina, qui ont bu, qui ont joué. À une condition : qu'ils se soient repentis. Le Prophète ﷺ a décrit des pécheurs qui verraient d'autres pécheurs heureux et leur demanderaient : pourquoi êtes-vous heureux, vous avez péché comme nous ? Réponse : nous avons péché mais nous nous sommes repentis. Donc non, le hijab n'est pas la porte d'entrée du paradis. Mais il est possible qu'une femme qui priait sans porter le hijab soit interrogée par Allah sur ce point au Jour du Jugement. Allah peut pardonner, bien sûr, mais être interrogé par Allah n'est pas anodin. Cela vaut-il un tel risque pour un geste qui tient à un tissu sur la tête ?
Ne pas se mesurer aux hijabies qui faiblissent. Certaines portent le hijab et commettent des péchés, à quoi bon les imiter. On ne se mesure jamais au bas de l'échelle. La bonne réaction n'est pas je reste sans hijab
, c'est je porterai le hijab et je ne commettrai pas ces péchés
. On passe au-dessus, on devient l'exemple qu'elles finiront peut-être par regarder à leur tour.
Une hijabie qui boit doit-elle retirer son voile ? Non. Remplacer un péché par deux péchés, c'est un piège du Shaytān. Une faiblesse sur l'alcool ne justifie pas d'y ajouter l'abandon du hijab puis, pourquoi pas ensuite, l'abandon de la prière. On garde ce qui est encore debout et on travaille à réparer ce qui est tombé. On ne neutralise pas une obéissance parce qu'on a fauté sur une autre.
Le cheveu n'est pas la clé du bonheur. La femme qui couvre ses cheveux n'est pas heureuse à cause du cheveu couvert. Elle est heureuse parce qu'elle obéit à Allah. Le musulman qui refuse le porc n'est pas apaisé par ce refus en soi, il l'est parce que son refus est pour Allah. L'objet change, l'intention reste. C'est le tawḥīd qui produit la douceur de la foi, pas le tissu. Si une femme tient par sincérité envers Allah, Allah lui fera goûter la douceur de l'īmān et lui ouvrira des issues qu'elle n'imaginait pas.