Point de départ déiste. Le visiteur pose d'emblée qu'il ne veut plus penser Dieu en humain
, ne plus parler de trône, de paradis ou d'enfer, ne plus prier parce que Dieu n'a besoin de rien
. Le dāʿī accepte le principe, puis retourne la question : sur quels critères décide-t-on qu'un livre vient de Dieu ? Réponse : pas nécessaire d'y penser, il a senti Dieu dans son cœur, le reste est imagination humaine.
L'arbre. Pour déloger la contradiction, le dāʿī pose une question simple. Pourquoi n'adorez-vous pas cet arbre ? L'homme répond qu'il ne veut pas. Pourquoi ? Parce que c'est un arbre.
Le dāʿī insiste : vous venez de raisonner, vous posez des critères, vous pensez. Le visiteur concède. Le dāʿī enchaîne par paliers : cause et effet, pouvoir, connaissance, sagesse, à chaque étape l'homme admet que l'on peut inférer des attributs de Dieu sans le rendre semblable à nous. La loi de non-contradiction est posée comme universelle. Le refus de penser Dieu
devient intenable : l'homme pense déjà, et il pense correctement.
Morale subjective, morale objective. Le visiteur soutient qu'Allah nous a donné un cerveau et que cela suffit. Le dāʿī le prend au mot. Si chacun juge le bien à sa mesure, pouvez-vous dire à un tueur qu'il a tort ? D'où viennent alors les feux tricolores, les lois, les cours internationales ? La raison seule ne tranche pas. Il faut un repère extérieur. S'il existe un livre qui prétend venir de Dieu, comment évaluer cette prétention ? Le dāʿī propose un critère repris de la démarche scientifique : la falsification. Une affirmation se teste en cherchant à la faire tomber. Si elle résiste, elle tient.
Préservation et non-contradiction. Un livre venu de Dieu doit-il pouvoir être modifié ? Être exempt de contradictions ? Les deux critères sont acceptés. Le dāʿī cite le manuscrit de Birmingham, daté au carbone, puis le champ de la stylométrie. Un travail universitaire publié en revue à comité de lecture compare l'auteur du Coran et l'auteur des hadiths et conclut à deux auteurs distincts ; quatre-vingts pour cent du vocabulaire et des constructions du Coran sont absents des hadiths. Le visiteur, arabophone, vérifie sur place l'argument sur l'absence de points et de voyelles dans les premiers manuscrits. Il concède : seul le Coran a traversé mille quatre cents ans sans variante substantielle.
Muhammad était juste intelligent.
Le visiteur glisse vers une thèse déiste : le Prophète ﷺ était un commerçant brillant qui avait croisé juifs et chrétiens, il a compilé et fondé une religion autour du tawḥīd. Le dāʿī répond par les faits. Un stratège n'attend pas un mois de silence public pendant que sa propre épouse est accusée de trahison. Il n'avoue pas ignorer la réponse à une question en disant j'attends la révélation
. Il ne prêche pas à un clan qui l'exile, à des oncles qui meurent en le reniant. Il ne part pas s'installer dans une ville réputée pour sa fièvre avec trois cents hommes pour affronter mille.
Rois et non pharaons. Dernière pièce : la Bible appelle pharaons
les souverains d'Égypte au temps de Yūsuf (paix sur lui), le Coran les appelle rois
. La pierre de Rosette a permis de déchiffrer les hiéroglyphes et d'établir que la dynastie des pharaons commence après la période de Yūsuf. Un commerçant illettré du septième siècle ne tient pas ce genre d'exactitude par chance répétée.
Le basculement. Synthèse : un homme qui donne des réponses que personne autour de lui ne peut donner, accomplit des prophéties vérifiables après sa mort, distingue sa parole de celle qu'il reçoit, et dont le livre traverse les siècles intact, la meilleure explication n'est pas le génie humain mais une aide extérieure. Le visiteur cède pas à pas, demande ce qu'il lui reste à faire. Il répète la shahada : il n'y a de divinité qu'Allah et Muhammad ﷺ est Son serviteur et Son messager.