RÉFUTATION13 AVR. 2026
RéfutationContre Christianisme4 min de lecture

Jésus avait-il lui-même un Dieu ?

Jean 20:17, lu dans son contexte, montre que celui qui a un Dieu ne peut pas être Dieu

L'essentiel

  • La rétractation puis la reprise : la réponse reconnaît ne pas pouvoir prouver trois personnes en un être, puis se dédit.
  • Jean 17:3 isole le Père comme seul vrai Dieu, au singulier. Le mot seul ne tolère pas d'extension trinitaire.
  • Jean 20:17 rend la divinité de Jésus logiquement impossible si Dieu n'a pas de Dieu. La réponse reconnaît les deux prémisses.

Contexte

Un chrétien orthodoxe vient défendre la divinité de Jésus (paix sur lui) et la Trinité. La discussion passe par Marc 12:29, par la définition de Dieu est un, par une demande répétée de preuve scripturaire pour trois personnes en un être, et finit par un verset que le visiteur lit lui-même dans une Bible tenue par un passant.

Le plus grand commandement selon

Jésus lui-même Quel est le plus grand commandement d'après Jésus (paix sur lui) ? La proposition est aimer ton prochain. Correction immédiate : c'est le second. Le premier, c'est Marc 12:29, où Jésus cite le Shema de Deutéronome 6:4 :

Jésus lui-même Quel est le plus grand commandement d'après Jésus (paix sur lui) ?
Écoute, Israël, le Seigneur notre Dieu est un seul Seigneur.

Jésus le reprend mot pour mot. Tous les prophètes, de Moïse à Muhammad ﷺ, prêchent la même chose : l'unicité absolue de Dieu.

Dieu est un : deux lectures incompatibles

La question est alors: ce que le visiteur comprend par Dieu est un. Il n'obtient que la répétition de la phrase. Il propose sa propre lecture : Allah est un, sans associé, sans égal, sans partie, et surtout pas plusieurs personnes. La réponse est alors : une seule personnalité.

La faille s'ouvre aussitôt. Le Père n'a pas de personnalité humaine, Jésus en a une. Les personnalités ne sont donc pas identiques, elles ne sont pas co-égales. L'échange bascule vers le péché : Jésus est sans péché, nous sommes pécheurs. Le musulman recadre : la question n'est pas le péché, c'est la personnalité. Le mot venait du visiteur lui-même.

La demande qui fige la discussion

Où, dans la Bible, est-il écrit que Dieu est trois personnes en un seul être ? La proposition est le prologue de Jean : Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu. Même accepté tel quel, ce verset parle de deux entités, pas de trois. La réponse tente alors avant qu'Abraham fût, je suis. Aucune mention d'un troisième.

Il lâche : Disons que je ne peux pas le prouver. Je retire la réclamation. Puis revient en arrière : Je ne la retire pas, jamais. La contradiction est actée. Il change de sujet vers la crucifixion, les prophéties sur Ismaël, le Coran. Le musulman revient au point.

Jean 17:3 : une seule personne, le Père

Le musulman pivote vers Jean 17:3 :

La vie éternelle, c'est qu'ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ.

Jésus prie le Père. Il l'appelle le seul vrai Dieu. Le mot seul est exclusif. Le Père, combien de personnes est-ce ? Une. Jésus déclare donc que le seul vrai Dieu est une personne, le Père.

La réponse tente Jean 10:30. La réponse porte sur par Jean 17:21-22 : la même formule appliquée aux disciples, qu'ils soient un comme nous sommes un. Si un fait de Jésus Dieu, alors les disciples aussi. La lecture classique cède. Il faut rappeler que la Trinité comme formule conciliaire n'est attestée qu'au concile de Constantinople en 381, et non chez les apôtres.

Le verset que le visiteur doit lire lui-même

Le musulman amène alors Jean 20:17, où Jésus parle à Marie Madeleine au matin de Pâques :

Ne me retiens pas, car je ne suis pas encore monté vers le Père. Va plutôt trouver mes frères et dis-leur que je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu.

Le visiteur sort son téléphone, consulte une IA, propose une paraphrase. Le musulman l'arrête : pas de paraphrase, le texte exact. Un passant ouvre une Nouvelle Version Internationale sur son téléphone. La question est alors: au visiteur de lire le verset lui-même, à voix haute.

Les mots sortent de sa bouche : mon Dieu et votre Dieu. Quand Jésus dit mon Dieu, cela signifie-t-il qu'il a un Dieu ? La réponse vient : oui, d'après ce qu'il vient de lire.

Le musulman verrouille. Un peu plus tôt, il avait demandé : Dieu a-t-il un Dieu ? Le visiteur avait répondu : non, jamais. Principe de base du monothéisme. La conséquence suit : si Dieu n'a pas de Dieu, et si Jésus a un Dieu, alors Jésus n'est pas Dieu.

La conséquence suit : si Dieu n'a pas de Dieu, et si Jésus a un Dieu, alors Jésus n'est pas Dieu.

Le visiteur cède : Oui, d'après la Bible, c'est ce qui est dit. Je ne veux pas être entêté sur cette base.

Conclusion

Sur le point précis qu'il défendait, la divinité de Jésus, le visiteur reconnaît que sa propre Écriture contient des paroles incompatibles avec cette doctrine, et c'est lui qui les a lues à voix haute. Il ne se convertit pas. Le Coran l'énonce depuis quatorze siècles :

Soyez des adorateurs de Dieu, car vous enseignez le Livre et vous l'étudiez.Coran 3:79

Le mot muslim désigne celui qui se soumet à un Dieu plus haut que lui. Jésus, en disant mon Dieu, se déclare serviteur de l'Unique.

Un résumé reste un résumé : la reformulation cherche la clarté, quelques nuances peuvent se perdre au passage. Pour creuser un argument ou vérifier une citation, la vidéo d'origine et les sources primaires restent la référence.

Un débat ne couvre pas nécessairement toutes les réponses à une objection : d'autres arguments existent, répartis dans d'autres échanges. C'est au lecteur de faire la jonction.

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